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Codeur du dimanche

Par Florian Strzelecki - 00:35 - 07.06.2010

Tags : Web, Société, Développement, Technique

Depuis quelques jours j'écris un brouillon pour un article sur l'industrialisation des développements - et plus particulièrement de son travail.

Bon, là, normalement, il y a déjà une ou deux personnes qui décrochent parce qu'aborde un sujet technique. Mais en fait, pas totalement non plus.

C'est un petit coup de gueule, contre ces codeurs du dimanche, contre cette masse de gens qui font perdre un temps précieux aux développeurs "professionnels" - je parle ici du milieu de l'entreprise...

Ulaanbaatar, Mongolia

Image : Ulaanbaatar, Mongolia - Carla Gomez Monroy (http://wiki.laptop.org/go/User:Carla) - Creative Common by

Amateur vs Professionnel

Là, vous pourriez vous dire que je vais cracher sur les amateurs, sur ceux dont ce n'est pas le métier, ceux qui, sur leur temps libre, s'adonnent à la programmation, pour leur site perso, pour leur plaisir, ou que sais-je encore...

Sauf que non. Je veux vous parler de développeurs qui n'ont de professionnel que le titre, et qui n'en ont ni les compétences ni la démarche.

Je veux que vous compreniez d’emblée que le problème ne se situe pas en dehors du travail, mais bel et bien au travail : chez soi chacun fait comme il veut, dans le cadre de l'entreprise, c'est un tout petit peu différent.

En entreprise, il y a des impératifs que je dois respecter en tant que développeur :

Ce sont effectivement des contraintes : il est faux de dire que c'est la seule différence entre chez soi et l'entreprise (plaisir vs contraintes), mais il s'agit là de règles qu'il faut respecter. D'autant qu'un développeur n'a pas que des contraintes dans son travail.

Nonobstant, ce qui fait, à mes yeux, la différence entre l'amateur et le professionnel, c'est la capacité du professionnel à respecter ces contraintes.

Bon, mais et alors, ces "codeurs du dimanche" ?

Ce sont les incompétents : ce sont ceux qui, au travail, n'ont pas une attitude professionnelle, mais une attitude d'amateur.

Ce sont ceux qui, sous couvert de vouloir respecter des contraintes de temps, négligent toutes les autres contraintes !

Travail en équipe

Aller vite c'est bien, aller en équipe c'est mieux.

De nombreux développeurs ne pensent qu'à eux : ils ne font aucun effort de communication, et n'essayent pas de rendre leur travail compréhensible pour leurs collègues.

C'est une grande source de frustration pour le reste de l'équipe, et des problèmes assurés une fois la personne partie - laissant sur place un travail irrécupérable par les autres.

D'autant que certains développeurs ne semblent même pas avoir pris conscience de cette problématique !

La technique et les sentiments

En tant que développeur, j'ai un avis technique sur mon travail et celui des autres, et en tant qu'être humain, j'ai un avis plus subjectif là dessus.

Sans pour autant complètement écarter mes sentiments, je dois d'abords prendre en compte mon avis technique.

C'est sans doute avec ce principes là que j'ai le plus de mal avec ceux qui ne le respectent pas : faire passer ses sentiments avant son avis technique, ce n'est pas professionnel. C'est vrai dans les autres métiers, ça l'est encore plus dans l'informatique.

Attention, je ne parle pas de déontologie, mais bien de sentiments du genre "j'ai pas envie" ou bien "j'ai la flemme", voire, "Mais ça sert à rien je le fais pas !".

Priorisation et objectifs

L'entreprise n'a pas les mêmes objectifs que l’employé : généralement, l'objectif d'une entreprise est de rendre son activité rentable.

Quant à l'employé, ses objectifs peuvent être tout autre, et c'est son droit le plus strict.

Mais il faut se rappeler une chose : c'est tout de même l'entreprise qui paye mon travail, et à ce titre, c'est à elle de choisir à quoi elle m’emploie.

Dans un projet, ce n'est pas au développeur de fixer ses priorités : sur le respect des priorités se base un planning, ce qui implique souvent le travail des autres.

Le monde du travail

Alors, non, ce n'est pas tous les jours agréables de devoir respecter des priorités et des impératifs, pas plus qu'accepter toutes les contraintes qu'imposent l'entreprise.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a jamais d'amusement dans le monde du développement. Dans le monde du web, c'est tout de même une grande partie de mon expérience personnelle.

Toutes les entreprises connaissent des problèmes d'organisations, des incohérences entre ses objectifs et les moyens qui sont mis en œuvre. Toutes les entreprises connaissent des chefs de projets médiocres, des commerciaux obtus, et des patrons pénibles/stupides/imbus de leur personne (les trois vont très bien ensemble en général).

Soyons honnête : parfois, les développeurs aussi sont des gros cons incompétents, qui mettent en danger la réussite des projets.

Et je déteste quand un collègue ou un ex-collègue me dégueulasse le boulot en codant comme ses pieds - mal, très mal. Ça me donne envie de les raser de la surface de la terre par paquet de 50.

Merde, un peu de respect pour le code source.