Dans Divers par Florian Strzelecki - 07:00 - 08.06.2010
Cette fois ci, c'était à moi qu'incombait de choisir un thème pour @halt_life et moi-même. Je lui ai proposé l'éducation, ayant déjà quelques éléments de réflexion.
Je vais encore jongler entre de l'utopie et du cynisme, mais bon, vous êtes habitués, lecteurs assidus que vous êtes.
L'éducation, c'est important - et je ne parle pas d'aller à l'école.
Image : Altar de Simone Martini - Hablando del asunto (http://www.flickr.com/photos/hablandodelasunto/) - Creative Common by-nc-sa
Justement, parlons tout d'abord de l'école, et du giron de l'Éducation Nationale.
L'éducation, c'est aussi l'école - et la ribambelle de cursus, de la très classique maternelle aux études supérieures les plus obscures, en passant par la primaire et le lycée.
Ne parlons pas du collège, car comme chacun le sait, le collège, c'est le mal. C'est la période moisie où nous avons pile l'âge qu'il ne faut pas, entre le trop jeune et le trop vieux, entre les poils qui poussent, la voix qui déraille, et les boutons qui fleurissent.
L'éducation se passe aussi à l'école : au-delà de l'apprentissage des matières (qu’englobent tant la culture générale que la culture scientifique, économique, littéraire, et que sais-je encore) c'est aussi l'apprentissage des règles de vie en société, le respect des autres, le civisme, et...
Ah, pardon, la réalité vient de me rappeler que c'est du vent tout ça.
À l'école, c'est la jungle, chacun pour soi, l'apocalypse est rejouée à chaque rencontre parent-prof, et la belle idéologie d'une "égalité" pour tous ne sert qu'un élitisme masqué - je pourrais vous écrire un article édifiant, entre cynisme et sarcasme, sur tout le bien que je pense de l'éducation nationale à l'heure actuelle.
Non, je n'aime pas le système scolaire français, je n'aime pas ce que j'y ai vécu en tant qu'élève. Je ne prétends pas non plus connaître les solutions qui amélioreront les choses.
Passons.
Je dois beaucoup à mes parents. Surtout à mon père, qui s'est toujours posé comme l'autorité principale dans le duo parental - ma mère s'occupant plus fréquemment de la curiosité scientifique de ses enfants.
J'ai sans doute mis quelques années à comprendre l'intérêt de cette autorité si rude, dure et sans doute un peu injuste par moment - c'est la partie humaine de mon paternel. Aujourd'hui, je peux dire sans sourciller que c'est un très bon bagage pour moi.
Tout d'abord, mes parents m'ont appris à me tenir droit : respect de sa propre personne, respect de son statut d'être-humain, le tout menant à une dignité qui inspire la fierté - la leur, et accessoirement - et surtout ? - la mienne.
Je vous passe le détail des règles de savoir-vivre (à table, chez les autres, chez soi, dans la rue) : ce qui est important dans cette partie, c'est le respect de soi et sa dignité.
Ensuite, ils m'ont, tous les deux, appris quelque chose de particulièrement fondamental : savoir se forger soi-même un avis - avoir un esprit critique.
Cela vaut pour la morale, pour la religion et les croyances, la façon de vivre, la façon de penser, la façon de concevoir le monde.
Cette éducation parentale est à la fois un socle, et une matière première, pour forger mon propre caractère, ma propre éducation, mes propres règles.
C'est la dernière partie, et, finalement, la plus importante, aujourd'hui que je suis un adulte.
Mon environnement a fait de moi ce que je suis en partie. Une autre partie a été façonnée par l'éducation de mes parents. Mais, ce que je suis, c'est ce que j'ai construit moi-même.
C'est la somme de ce que j'ai accepté, de ce que j'ai intégré à mes valeurs, à mes principes. C'est la somme de toutes mes expériences, et de toutes les conclusions que j'ai pu en tirer.
Mes relations avec les autres ont reçu les influences de mes parents, mais j'ai dû apprendre par moi-même comment les gérer, comment les faire vivre, comment les organiser et les inclure dans ma vie.
Cela vaut pour l'immatériel, comme cela vaut pour mon intégrité physique, ma sexualité et mon intimité. Et je peux aussi le rattacher à ma pudeur, qui s'attache plus aux sentiments qu'au monde physique.
C'est la somme de tous ces éléments : du jour où je suis né, jusqu'au jour d'aujourd'hui.
C'est la résultante de toutes mes expériences - positives, ou négatives.
C'est ce qui fait que je peux me regarder en face, ce qui fait que j'ai parfois honte, ce qui fait que je puisse dire non, parfois oui, que je sache faire la différence entre le bien et le mal, que je puisse avoir un esprit critique.
Quelque part, mon éducation, c'est ce qui me différencie des autres, en dehors de mes connaissances.
Commentaires (3)
Commentaire #1 Par Wolf - 09:55 - 08.06.2010
Bon article,sauf que je trouve que tu oublis un peu l'apprentissage mimétique que l'on peut avoir en côtoyant des gens et qui, le plus souvent est involontaire. Cependant, ce savoir est bien une partie de nous.
Commentaire #2 Par Kwilleran - 21:30 - 08.06.2010
Comme le signale Wolf, tu as oublié les "maîtres à penser". Les parents en sont naturellement, mais certains profs, certaines personnes plus âgées rencontrées (en particulier dans les études ou le travail) peuvent complètement nous orienter. Ceci étant, j'ignore cependant si tu en as rencontré, mais je serais surpris du contraire. Ah, et le collège, c'est le bien. Le mal, c'est le lycée. Au collège, quand tu es un garçon, tu peux encore te permettre d'être en partie un enfant. Le lycée, c'est la jungle où les autres te bouffent tout cru. Et "au jour d'aujourd'hui" c'est le mal aussi.
K
Commentaire #3 Par See Mee - 19:04 - 16.06.2010
Si j'avais écris un tel article (et j'aurais aimé l'avoir écrit), j'aurais ajouté tout ce qui est acquis au contact de différentes formes sociales (au-delà des maîtres à penser, car l'éducation se fait aussi par petites touches, ou en réactions à des expériences négatives) : - les groupes de pairs (le mimétisme dont parle Wolf), - les associations (pour ceux qui ont été accueillis des années durant en centre de loisirs ou en colo, c'est important), - le monde du travail (aussi bien les collègues "tuteurs" que les petits chefs qu'on apprend à détester). J'espère qu'à cette liste on peut aussi ajouter les réseaux sociaux aussi !
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