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GGJ 2012 : Aux quatre coin coin

Par Florian Strzelecki - 12:27 - 01.02.2012

Tags : J'aime, Jeux vidéo, Ma vie, Jeu, Global Game Jam, GGJ12, Ludique

Le WE dernier avait lieu la Global Game Jam 2012, un peu partout dans le monde, et notamment à Rennes. Plus précisément, cette édition a été représentée à Rennes aux Jardins Modernes par l'association 3hitcombo (tout cela fait un bon paquet de liens...).

C'est un truc un peu fou dans l'idée : réunir un tas de gens autour de la création de jeux (vidéos entre autre, mais pas que) en 48h. Commencée le vendredi à 15h, terminée le dimanche à 15h, j'ai pu participer à cette édition 2012, dans un groupe de joyeux compagnons - et à l'origine, de parfaits inconnus.

C'est un défi complètement fou, un concept déjà développé dans différentes manifestations, et je m'étais toujours dit que ce serait une expérience intéressante. Oh, pas forcément très productive, ou très réussie (pour moi), mais je peux désormais balayer ce "léger" manque de confiance en moi face à l'inconnu : heh, en fait, je suis même plutôt bon dans de telles conditions.

Je pense que je ne suis pas le seul à avoir cette impression, tant le principe de "dépassement de soi" m'a semblé être l'expérience principale de ces deux jours.

Aujourd'hui, je suis très fier d'avoir participé à cet événement, et tout aussi fier du travail accompli par l'ensemble de l'équipe. Mention spéciale au travail des 3 graphistes, dont la dessinatrice qui a réalisé un sublime plateau de jeu, à la main, et en couleur !

Je ne vais pas vous faire un compte-rendu détaillé, je n'ai pas une assez bonne mémoire pour ce genre de chose trois jours après ! Mais revenons un peu sur ce WE de créativité.

GGJ 2012 - Aux quatre coin coin (prototype)

Image : GGJ 2012 - Aux quatre coin coin (prototype) - Florian Strzelecki - Creative Common By-NC-SA

Vendredi dans l'après-midi, c'est une grosse 20aine de jamer qui est réunie pour l'événement. Une petite vidéo de quelques minutes nous est présentée. Ce sont les témoignages de différentes personnes issues du monde de la création numérique culturelle (musique, jeux vidéos, etc.). Elle nous parle de la curiosité, de la sérendipité et de ses effets tous plus imprévisibles que merveilleux. Elle parle aussi d'innovation, et d'un tas de trucs, et dans l'ensemble, ce sont de bons conseils.

Le thème est révélé vers 17 ou 18h, et il a été plus que surprenant : ce n'était pas un mot, mais une image ! Et quelle image... un simple dessin, représentant un Ouroboros. Il s'agit même du dessin (en couleur) présent sur la page Wikipédia...

Un thème et des idées

Les organisateurs (grand merci à eux d'ailleurs !) nous proposent alors de réfléchir sur le thème, et d'en dire ce que nous en pensons. Les mots et les idées fusent, les références sont de sorties : je pense entre autre à Flow ainsi qu'à Rez, parmi le flot des propositions (Portal, l'Histoire sans fin, et bien d'autres références variées).

J'y repense, parce que l'un de mes coéquipiers me disait un peu plus tard "Marrant, tu as sorti toutes les références que j'ai vu à la fac." - comme quoi, j'ai pas que des mauvaises références.

Là dessus, les organisateurs nous proposent de commencer à nous regrouper autour de différents thèmes : je me lance dans le grand groupe "jeu de plateau-vidéo". Les discussions durent longtemps, autour de la réalité augmentée, et d'une table tactile (ala Windows Surface, mais home-made), ainsi que de mécanique de jeu de plateau.

Je les quitte vers 20h pour rejoindre ma compagne, en promettant de revenir le lendemain matin à la première heure, en indiquant mes compétences et mes préférences...

Lendemain matin, Samedi, 9h, il fait froid.

J'apprends alors que mon "groupe" a bossé toute la nuit autour du sujet. Il y a déjà un brouillon pour le plateau, et pas mal de tentatives ont été faites pour connecter la table tactile à un PC, et de l'utiliser avec différentes technologies : du Microsoft XNA d'un côté, de l'Adobe Flash de l'autre. Apparemment, ça n'a pas bien marché, et ça génère plutôt de la frustration pour les deux devs qui y ont perdu pas mal d'heures de leur sommeil.

Bref, pendant le petit-dej, réunion de crise : ça ne marche pas, il faut que nous trouvions quelque chose au cas où. La décision est prise de partir sur un projet à double face : d'un côté, un jeu de plateau avec des pions, etc. et de l'autre, un jeu vidéo sur table tactile, reprenant le thème et les mécaniques du plateau.

Comme ça, si ça marche côté code, le travail des graphistes sera toujours utile, ainsi que les réflexions sur les règles.

C'est à ce moment que je me suis dit : "En fait, j'ai pas envie de coder, ça me va très bien cette idée."

Découpe et prototypage

Nous partons alors sur un premier prototype, en regardant ce que nous avons sous la main : l'un des notre propose simplement de modeler des pions "bombes" avec de la résine verte Games Workshop. Je vois aussi les recherches graphiques autour de canards et d'un plateau, avec quatre styles de villes.

Concrètement, à ce stade là, je tombe complètement sous le charme des talents artistiques de l'équipe. Je ne sais pas faire tout ça, mais j'ai de la bonne volonté, alors j'aide pour écrire un gros bout des règles, et surtout je découpe dans de vieux calendriers de quoi avoir un plateau utilisable.

Je crois que de tout un WE je n'avais jamais autant découpé de morceaux de cartons !

Le premier résultat nous permet de tester, et de constater quelques soucis d'équilibrages. J'apprécie cependant d'avoir un jeu en deux temps : le premier où le plateau se met en place (avec la pose de bombes sur le canal central), et en second temps les explosions des bombes, où tout se joue vraiment.

Cela dit, il y a beaucoup à dire... alors nous travaillons tous ensemble sur le jeu. Idées, remarques, tout est bon à prendre !

Produire un prototype de qualité

Notre but à partir de samedi après-midi, c'est de produire un jeu complet, avec un prototype de qualité, que nous pourrions être fier de montrer.

Découpage, recadrage... tout le monde s'attelle à la tâche : découper des "briques" dans une planche de bois, découper des cercles pour créer le plateau, encrer le plateau...

En parallèle, il est à noter que deux d'entre nous continuent de tester le fonctionnement de la table tactile : je n'en parlerais pas, parce que je n'y ais pas touché, j'étais déjà bien assez occupé comme ça.

La dernière nuit

Vers minuit et demi, je m'arrête d'écrire et de retoucher les règles. Je laisse ça pour demain matin, et je rentre chez moi.

Lorsque je reviens le lendemain matin vers 9h, j'apprends que notre dessinatrice a passé sa nuit sur le plateau, à le finir en détail, à le mettre en couleur... le rendu est sublime, même si elle peste sur la saturation trop grande après le passage au scanner !

Ces graphistes... jamais content ! ;-)

Toute la matinée nous finissons de travailler sur ce prototype, que nous n'aurons finalement pas le temps de tester une dernière fois, ce qui est vraiment dommage.

Cependant, nous avons tout ce qu'il faut à l'heure :

La remise

Alors que le site de la Game Jam se prend un DDoS par les milliers de participant qui souhaitent rendre leurs travaux en temps et en heure, nous présentons nos travaux devant un petit public.

J'admire et je salue au passage le travail des autres équipes : c'était vraiment sublime, avec pas mal de bonnes idées. Je pense surtout au groupe sur la Réalité Augmenté, qui propose un jeu à base de reconnaissances de marqueurs par une caméra - et un jeu mutli-joueur en prime !

Nous présentons notre jeu, et tout se passe bien. Mon moment préféré fut cependant juste après, lorsque je pus voir le public toucher et jouer avec notre jeu. Un moment vraiment très particulier...

Expérience concluante

En gros : c'était gé-ni-al. Du genre, génial. Il est très difficile d'exprimer en quelques mots cette expérience, il faut le vivre pour vraiment comprendre.

De plus, je répète ici ce qui nous a été dit plusieurs fois : non, vous n'êtes pas "incapable" de le faire, vous ne devez pas vous dire "je ne sais pas faire" ou bien "je n'ai pas le niveau", parce que c'est faux ! Toute personne motivée peut faire ça, peut participer.

L'esprit d'équipe est beaucoup plus important que le reste : ce jeu n'aurait pas pu exister sans nos brainstormings, sans notre mélange d'idées. Ce n'est pas le jeu d'une personne, ou de deux, ou de 6 : c'est le jeu d'une équipe. Chaque élément de cette équipe ne peut être dissocié pour qu'on lui attribue quelque chose en particulier, car nous avons tous participé à la production de ce jeu, nourrissant notre réflexion de celle des autres.

Au final, j'ai sans doute gagné des camarades, peut-être des amis, avec qui j'ai déjà envie de continuer l'aventure après la GGJ.