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La drogue de la plume et du clavier

Par Florian Strzelecki - 17:01 - 01.09.2010

Tags : J'aime, Ma vie, Jeu de rôle, Écrire, Divers

J'ai envie d'écrire. Vraiment.

En dehors du fait que ce soit une seconde nature pour moi, et qu'écrire me procure un plaisir immense, je ressens comme une addiction totale et compulsive à l'écriture.

C'est plus qu'un besoin, c'est une drogue, avec ses effets fantasmagoriques, et qui n'hésite pas un seul instant à me donner la sensation de manque quand je me laisse aller.

Quelque part, ce blog, c'est une façon de juguler ce besoin. J'écris peu, en comparaison d'autres blogs, mais ce n'est pas tant la quantité que la fréquence qui importe.

On the Road Manuscript, #1

Image : On the Road Manuscript, #1 - Thomas Hawk (http://www.flickr.com/photos/thomashawk/) - Creative Common By-Nc

Style

Je n'écris pas bien. J'ai mon style, mon point de vue, mais je n'écris pas bien. En tout cas, je n'estime pas écrire suffisamment bien pour mériter de quelconques récompenses - tant mieux, c'est pas ce que je cherche.

Je n'écris pas bien parce que les règles m'emmerdent profondément. Je n'ai pas su les apprendre, et je n'arrive toujours pas à les retenir aujourd'hui. Je me trompe, fait des erreurs, tant sur l'orthographe et la grammaire, que sur la sémantique et la forme générale.

Gromitflash – je vous conseille vivement la lecture de son blog de sage-femme – m'a récemment dit qu'il ne pouvait pas être critique littéraire avec moi :

T'as un style à toi qui est bon pour les trucs de fond : fin, ciselé, concis, précis.

Ça suffit amplement – et c'est pas inintéressant by the way.

D'ailleurs, il a tord : je ne sais pas faire concis, j'écris toujours des tartines. J'ai toujours l'impression qu'il faut décrire correctement sa pensée pour la rendre intelligible, et ne pas laisser de doutes.

Parfois, je me plante, et c'est tout sauf agréable à lire. Même pour moi. Surtout pour moi.

Compulsion

J'écris quand même. Pas parce que je me sens l'âme d'un écrivain talentueux - ah ah – mais parce que j'en ai besoin.

Quand je n'écris plus depuis quelques temps, mon cerveau ne me laisse pas tranquille. Il me harcèle, sans cesse, et ma conscience en rajoute une couche : écris, foutre de crétin ! Écris ce qu'il y a dans cette foutu caboche, fais sortir ces mots qui te vrillerons le cerveau à t'en faire exploser tous les neurones !

Tenez, là, par exemple, je n'écris pas, lecteur, pour vous faire plaisir, pour vous apporter quelque chose. Non, j'écris juste parce que depuis plus de deux heures je suis affalé dans mon siège à lire des trucs sur le net, et que mes doigts me démangent.

"Tap tap tap"

Font les doigts sur la souris, alors que je relis une phrase d'un article de Steve Blank "Boys rules, girls lose" pour mieux la comprendre.

Vous devriez lire l'article d'ailleurs, c'est un point de vue intéressant - du miens, de point de vue.

Thèmes récurrents

Le jeu de rôle est sans doute la première chose qui me donna l'occasion d'écrire de manière "utile". C'est une façon de se donner l'idée d'une certaine productivité dans ce passe-temps.

Pour le jeu de rôle - celui sur table - j'ai eu l'occasion d'écrire des historiques de personnages, des descriptions (morales et physiques), de petites scènes pour donner un peu de relief à l'histoire, et tout ce qui tourne autour d'un groupe.

C'est un travail très basique, et très formateur : le thème est imposé par l'univers du jeu de rôle, le fond l'est par le caractère que vous souhaitez donner à votre personnage. Quant à la forme, il faut savoir rentrer dans quelques cases, histoire que tout le monde s'y retrouve.

Puis, des personnages je suis passés aux scénarios, qui demandent, en plus du texte descriptif, une réflexion plus poussée sur les cinématiques, sur les enchainements, et sur la description d'actions et d'événements.

Sur les dialogues, aussi - ce qui se révéla comme une véritable passion à une certaine époque !

Un peu plus tard, je me suis mis à écrire de véritables récits : avec plusieurs personnages, avec plusieurs lieux, et une histoire construite autours de ces différents éléments. C'est là que j'ai eu le plus à faire de mise en forme, à tester mon style, et à l'adapter aux différentes situations.

Enfin, il y a ce blog, qui est un véritable casse-tête pour moi. Je dois choisir le ton, les sujets, le point de vue, et les limites que je m'impose. Vais-je pouvoir être grossier et jurer comme un charretier ? Vais-je devoir fournir un travail ultra-professionnel ultra-normé ?

Au début, ce sont ces questions qui me guidèrent sur mes premiers articles. Aujourd'hui, ce sont de vagues préoccupations lointaines : tout au plus, une check-box à cocher mentalement "serious or not".

Kilomètres

J'en écris des choses. Je peux écrire au kilomètre.

Je me rappelle, à l'époque bénies (relevez donc le ton sarcastique) de mes 14 ans et demi, déjà traumatisé par la société cruelle des collégiens pré-pubères, derrière mon écran 17" cathodique (cet écran fonctionne toujours, après 10 ans), je postais de longs textes sur des forums de jeu de rôle : nous étions un petit groupe, à peine une quinzaine de personnes.

Nous écrivions chacun un post de temps en temps, en essayant de faire avancer une histoire tous ensemble, sans règles, sans scénario décidé à l'avance. Je me suis fais des amitiés – qui ont plus ou moins duré dans le temps - et j'ai même retrouvé l'un deux sur twitter cette année.

Et puis il y a eu quelques défis, un peu stupide, de qui arriverait à écrire le plus long texte à partir d'un sujet de base.

Aujourd'hui encore, je peux écrire longtemps, sur une simple idée. Pas toujours, l'inspiration n'est pas automatique.

Mais quel plaisir...

... quelle drogue !