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Le manoir de Rennes

Par Florian Strzelecki - 00:06 - 17.07.2011

Tags : Photo, Noir et Blanc, Présent, Temps, Divers

Tous les jours ou presque je passe devant cette fenêtre pas plus large qu'une voiture, qui me permet de voir un vieux manoir de pierre en plein milieu d'immeubles récents. Attiré par cet architecture atypique, j'ai pris un soir mon courage et mon reflex pour aller le photographier.

Pour cela, j'ai utilisé mon Canon 500D, avec deux objectifs : un 50mm f/1,4 et un 20mm f/2,8. Ce sera tout pour la partie technique, je ne suis qu'un amateur en la matière, et je ne compte pas me perdre en palabres techniques approximatives et plus que probablement erronées (voire stupides).

Parlons plutôt de cet immeuble, de ce "manoir" comme je l'appelle. Il m'intriguait déjà avant de le photographier comme je l'ai fait, et il m'intrigue encore plus aujourd'hui. Pour autant, je ne cherche aucune réponse à mes questions : je préfère le laisser à l'état de mythe, de légende urbaine.

Manoir Rennes

Image : Manoir Rennes - Florian Strzelecki - Creative Common By-NC-SA

Il fait chaud lorsque je m'approche de l'édifice, et pour je m'assure d'abord de bien pouvoir m'en approcher avant de sortir mon appareil. J'en profite pour repérer son environnement : d'immenses barres allongées d'immeubles blancs l'entourent, et se perdent plus loin. Deux rangés déjà sont terminées, et une troisième, peut-être même une quatrième, est en construction plus loin. Un camion de déménagement est d'ailleurs en bas d'un des halls d'entrées, et les ouvriers sont rouges de leurs efforts pour déplacer du mobilier moderne style Ikea, But ou Conforama.

Des allées de graviers recouverts d'une poussière blanche m'amène enfin à un petit escalier de béton, encadré de grillages posés là pour protéger les futurs parterres des hais qui égaieront le paysage. Je contourne alors ce qui devait être une petite extension qui a été détruite, et j'arrive dans une cour blanche et déserte.

Il est muré, et décrépi. Probablement fut-il squatté. Toujours est-il que plusieurs "artistes urbains" se sont faits la main, non seulement sur ses murs, mais aussi sur ses vitres. Je découvre au hasard l'un de ces chefs-d'œuvre, le seul qui m'attira vraiment l’œil au milieu de ces gribouillis (anarchistes ? satanistes ?). Ce n'est pas trop mon style, et je n'y connais pas grand chose.

Ce manoir devait être splendide, avec ses vitraux dont il reste encore quelques traces, et ses décorations aux bords des fenêtres. Son entrée principales, avec son pré-haut qui me rappelle le style art-nouveau que j'adore tant, fut peut-être le théâtre de scènes dramatiques ou joyeuses.

Aujourd'hui, il n'est plus qu'un lieu du passé, perdu au milieu de cet espace de blanc immaculé. Une passerelle du passé, une fenêtre vers l'avenir. Je n'en sais rien.

Je repars promptement, reprendre le bus que j'ai quitté moins d'une heure avant, emportant avec moi ces quelques photos, et diverses pensées dont j'étale ici une partie. Le reste, ma foi, n'a pas d'importance.

L'intégralité des photos est de mon fait, et est publié librement sous la licence Creative Common By-NC-SA. Je n'ai aucune idée de ce qui est prévu pour cet immeuble, et peut-être ferais-je d'autres photos de lui. Peut-être.