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Nuit du 4 août 1789

Par Florian Strzelecki - 16:16 - 04.08.2015

Tags : Société, Ma vie, Sexisme, 4 Août, Racisme

En bon élève que je suis, j'ai appris sur les bancs de l'école que la nuit du 4 Août 1789, l'Assemblée constituante mit fin au système féodal - voici l'introduction tirée de Wikipédia :

La nuit du 4 août 1789 est un événement fondamental de la Révolution française, puisque, au cours de la séance qui se tenait alors, l'Assemblée constituante met fin au système féodal. C'est l'abolition de tous les droits et privilèges féodaux ainsi que de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations, à l'initiative du Club breton, futur "Club des Jacobins".

Rien que ça : l'abolition de tous les droits et privilèges de ceux que l'on pourrait appeler "les dominants". Non, je ne vais pas me lancer dans un exercice complexe de définition et de description de ce que sont des "dominants" et des "dominés", pas plus que je ne vais sortir d'analyse quelconque de ce qui s'est passé lors de la Révolution française.

Mais tout de même, je suis songeur.

Je lis, je m'interroge, et j'apprends beaucoup, sur la sociologie entre autre, et sur des maux qui rongent notre société : sexisme, racisme, homophobie, l'injustice sociale, la "crise", la corruption. La haine des uns pour les autres, le conservatisme, les positions extrêmes des uns et des autres.

J'ai une longue route à faire pour comprendre tous les tenants et aboutissants des problèmes que j'aimerais résoudre, et je ne doute pas un seul instant que je n'aurai jamais une vision assez objective de la situation, ni la prétention de détenir une quelconque vérité sur ce qu'il faut faire, sur ce qu'il ne faut pas faire, et encore moins croire ou ne pas croire.

J'essaie, humblement, et avec beaucoup d'erreurs, d'accepter ce que je ne sais pas, d'écouter au-delà de ma conception forcément limitée du monde, en cherchant à dépasser mes préjugés. Parfois je soutien une initiative personnellement, parfois je ne fais que partager un lien sur Twitter, ou une photo sur Tumblr.

Alors, cette nuit du 4 Août, qu'est-ce qu'il nous en restera dans 100, 200, ou 300 ans ?

Sexisme

Par Florian Strzelecki - 21:29 - 04.02.2013

Tags : Société, Sexisme, Code de conduite, Communauté

J'ai envie d'aborder un sujet difficile : le sexisme ; plus spécifiquement, le sexisme dans les communautés de développeurs (et autres informaticiens, ne nous battons pas sur les mots), et sans doute plus précisément encore dans le logiciel libre et l'open-source.

Sexisme ordinaire

C'est difficile pour moi d'en parler : je suis un homme, français, blanc, hétéro, avec une situation économique, familiale et sentimentale stable - et plutôt enviable je dirais. Si j'ai connu la discrimination et les brimades étant enfant (pour tout un tas de raisons), aujourd'hui je ne souffre pas de discrimination portant sur ma couleur de peau, mes origines, ou mon orientation sexuelle, et encore moins parce que je suis un homme. C'est plutôt facile comme vie, et je ne me rends compte que très difficilement du privilège que représente ma situation. D'ailleurs, la prise de conscience de cet état de fait a été une véritable révélation pour moi.

C'est un sujet d'autant plus difficile que je me pose beaucoup de questions, tant sur ma légitimité à aborder le sujet, que sur le sexisme ou non de mes propos ou de mes actes. Je ne peux oublier, à aucun moment, que la blague que je m'apprête à faire est peut-être sexiste (qu'elle le soit ou non). Je ne peux oublier que le trait d'esprit que je crois amusant est, finalement, peut-être sexiste (ou peut-être pas). C'est quelque chose d'assez pénible de devoir lutter sans cesse contre son éducation et ses habitudes prises en société. Et pourtant, je sais aussi que ce n'est rien face à ce que doivent ressentir toutes ces femmes qui subissent le sexisme, ordinaire ou non.

Entendons nous bien, je ne suis pas en train de me plaindre sur ma pauvre petite vie misérable (d'homme blanc, hétéro, etc.), parce qu'elle est loin d'être misérable (elle est même plutôt cool, alors bon). J'essaie seulement de partager le constat que je fais tous les jours : lutter contre le sexisme au quotidien est difficile parce que le sexisme ordinaire est si bien ancré dans la société, si bien attaché à nos habitudes, que ce n'est pas encore naturel de ne pas être sexiste ; alors que l'inverse l'est !

Et je veux que cela change. J'aimerais ne plus avoir à me poser de question lorsque je m’apprête à dire ou écrire quelque chose. J'aimerais ne plus avoir à me demander si je ne devrais pas balancer une répartie bien sentie à un collègue qui sort une blague sexiste en plein open-space devant une collègue. Pas seulement parce que je juge, moi, que c'est mal, mais parce qu'il devrait être communément admis que c'est effectivement mal - et je ne devrais pas être le seul à réagir !

Au quotidien

Toutes les semaines je tombe sur une histoire de sexisme, qu'il soit ordinaire ou non. Je ne cherche pas spécialement à me documenter sur le sujet, ni ne saute sur toutes les occasions de découvrir une nouvelle histoire d'horreurs et de sexismes ordinaires - et oui, je pense que ce sont des horreurs, et je ne vais pas sous-évaluer ce qui est sexiste. Que ce soit sur reddit, sur twitter, dans mes flux rss ou que sais-je encore, je tombe dessus par hasard absolument toutes les semaines.

Cette semaine, c'est l'histoire de Sarah Parmenter, dans son billet de blog "Speaking up" que je vous invite à lire. C'est suite à un tweet que j'ai découvert cet article, et je n'avais jamais lu ou entendu parlé de son auteur. Elle y raconte une histoire ignoble. Ma réaction en la lisant a été la gêne, voire la honte : la honte d'être dans une communauté où ces choses horribles arrivent à des femmes juste parce que ce sont des femmes.

C'est une bonne chose que des femmes arrivent à en parler. C'est aussi une bonne chose que des hommes s'en rendent compte, l'acceptent et essayent de changer les choses. Mais est-ce bien suffisant aujourd'hui ?

Si je n'ai pas d'avis particulier sur l'origine de l'absence des femmes dans les filières informatiques (je pense que le problème est beaucoup plus global à toutes les filières à tendance masculine que spécifique à mon métier), je pense, par contre, que nous avons tous la responsabilité de leurs présences aux conférences et événements dans notre domaine, que ce soit en tant que spectatrices ou en tant qu'oratrices.

Les femmes doivent se sentir autant les bienvenues que les hommes, et ne doivent pas avoir peur de venir ou de présenter quelque chose. La seule chose qui devrait compter, ce sont leurs compétences, leur curiosité, et comme tout orateur, leur timidité face à une salle remplie de leurs pairs.

Bon sang, est-ce si difficile d'être respectueux, ne serait-ce qu'en public, à une conférence où chacun vient avant tout pour partager son savoir ? J'ai envie de hurler quand j'y pense, tellement cela me paraît absurde, stupide, et tellement éloigné des valeurs que je cherche à trouver dans ces rencontres !

Initiative

Je n'ai pas envie de finir sur une note négative, parce qu'il faut dépasser ce constat, il faut dépasser la prise de conscience, et aller plus loin. Je lis de temps en temps le blog de Tarek Ziade, et je me faisais déjà quelques réflexions sur le sexisme, lorsqu'il a publié en Novembre dernier un article (en anglais) "Diversity in Open Source" puis en janvier de cette année "Fosdem & Python" que je vous invite à lire aussi. Dans ce dernier article il a d'ailleurs cette phrase assez terrible :

My only regret is that we don't have any women as speakers.

Et je partage un peu ce regret de ne pas voir d'oratrice. Actif dans la communauté Django, je regrette aussi de n'avoir encore jamais vu de femme prendre la parole pour 15min et faire une présentation. Pour avoir organisé Django Breizh en Novembre dernier, je peux vous dire que je n'ai malheureusement reçu aucune proposition de la part d'une femme - même si, à l'époque, je n'avais pas encore trop réfléchi à la question.

Try to do better - and find the right allies to push on diversity.

En relisant tout ça aujourd'hui, j'ai envie de répondre à Tarek lorsqu'il souhaite faire mieux et trouver les bons moyens / alliés pour promouvoir la diversité : moi aussi, j'ai envie de faire mieux cette année, et, pourquoi pas, tomber sur les bonnes personnes avec qui en parler/échanger/changer les choses.

Il faut que ça bouge, il faut que ça change. La situation actuelle ne me semble absolument pas acceptable, et il est clair que les femmes seules ne peuvent pas juste venir et se sentir bien. Nous, les hommes, en tant que majorité écrasante dans la communauté, nous devons faire comprendre à nos pairs que ce n'est pas acceptable.

J'ai envie que ça change.