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Le Carré

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 26.11.2018

Tags : JDR, VEDUT

Dans une ville qui ne dort jamais, il est des lieux incontournables de la vie nocturne. Le Carré est un cube de béton au cœur de la ville, brillant le jour des reflets métalliques de son revêtement noir, illuminés sobrement la nuit. L'entrée se fait depuis l'angle de la rue, par un coin, et de là un escalier de quelques marches descend vers le bar sur la gauche, tandis qu'un autre escalier sur la droite mène aux étages. Chacun est construit en mezzanine, permettant ainsi d'observer la scène de danse depuis la rambarde. À chaque groupe son étage, voire sa zone, et il est plutôt mal vue de se mélanger : que ce soit par pression sociale ou par des règles tacites. C'est que Le Carré est un lieu neutre de la nuit, nécessaire aux activités nocturnes de sa clientèle. C'est ici qu'entre les coupes de champagne et les tenues de soirées que les accords se crées et que les négociations se conclues. Si certains viennent pour danser et s'amuser, si certains viennent avant tout pour être vu, d'autres viennent pour des raisons diplomatiques - d'ordre politique ou économique. Sous les lumières modernes de la piste de danse et la musique électro, se pratiquent ici les plus vieux métiers du monde.

Qui oserait violer les règles tacites de ce monde nocturne ? Qui aurait un tel intérêt, sachant que les punitions sont généralement sévères et quasi immédiate ? Qui se cachent derrière chaque groupe ? Quelles sont les puissances à l’œuvre ? Qui vient pour être vu, et qui vient pour voir ? Qui vient pour s'amuser, et qui vient pour les affaires ? Qui vient mais n'appartient à aucun groupe, et qui est celui qui a le pouvoir sur eux ?

Je ne le cache pas, je pensais à un tel lieu comme un décors parfait pour un cross-over du Monde des Ténèbres, entre ses multiples factions de la nuit, venant ici pour régler des affaires qui ne concernent pas les humains, mais qui ne peuvent pas se résoudre dans leur sang. Cependant, il ne faut pas s'arrêter à ça, chacun peut trouver entre ces quatre murs les dynamiques habituelles du pouvoir et des richesses ostentatoires. Cher MJs, il vous appartient de vous approprier ces 4 murs et ces quelques étages, de l'adapter, de le faire vivre, et de le rendre soit oppressant soit libérateur soit... tout ce que vous voudrez y mettre, comme toujours !

PS : j'ai écrit ceci en écoutant un live de Mind Against au Musée des Confluences par Cercle.

Le Carré

Image : Le Carré - Florian Strzelecki - CC-By-SA

Le Nouveau Phare

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 19.11.2018

Tags : JDR, VEDUT

Début du XXe siècle, Paris : la ville s'éclaire, s'illumine, brille de milles feux. Avec ses lumières, la vie nocturne bat son plein, et ceux qui savent en profiter deviennent riches, tout en restant parfois cachés dans l'ombre. L'invention des lampes à néon permet notamment de faire briller les enseignes dans la rue, comme ici, celle du Nouveau Phare, un lieu branché de toute la bourgeoisie parisienne. On s'y montre, on s'y pavane, et on y écoute les derniers artistes à la mode, que ce soit les musiciens, ou les peintres venus dans la ville lumière pour y trouver muses et mécènes (pas nécessairement dans cet ordre). Cet établissement attire les foules, et se montre sélectif sur son public : le prix d'entrée, la tenue exigée - les boîtes de nuits d'aujourd'hui n'auraient rien à envier à ces pratiques. Une fois passée l'entrée - et son somptueux hall qui ferait penser à un théâtre - et laissé son manteau au vestiaire, c'est un monde de festivités qui s'ouvre aux clients. Les jeunes hommes viennent en groupe, pour séduire les groupes de jeunes filles : on danse, on boit, on ne pense pas aux lendemains lorsqu'on profite de la nuit éclairée. Nombreux sont les clients à croire que l'armé de barmans, de serveurs et serveuses, de danseurs et danseuses de cabaret, est contrôlée par un jeune homme à la coiffure impeccable, qui surveille la salle depuis son estrade au premier étage, mais il n'en est rien. Le véritable propriétaire est une femme qui préfère ne pas être connue, et qui gère son affaire dans l'ombre de son bureau, au 4 ème étage de l'immeuble, dans la tour lumineuse qui donne son nom au lieu : le Nouveau Phare, qui surplombe le quartier de sa hauteur et de ses néons.

Si la vie nocturne semble être un véritablement enchantement, qu'en est-il de l'ombre projetée par toute cette lumière ? Qui contrôle réellement les lieux, et à quelles fins ? Qui peut dire à qui profite le crime, s'il n'y a pas de cadavre ? Qu'est-ce qui se cache derrière le décors de dorures et les impeccables uniformes du personnel, trop effrayé pour répondre à la presse qui cherche toujours à connaître les histoires les plus sulfureuses du milieu du divertissement ?

L'éclairage public a transformé les villes, et est certainement le principal vecteur de la vie nocturne telle que nous la connaissons aujourd'hui. Pourtant, tout n'est jamais parfaitement lumineux dans une aussi grande ville, et ceux qui profitent des opportunités ne sont pas toujours animés des meilleures intentions. Cher MJs, que vous vouliez jouer dans une ambiance policière, fantastique, d'horreur, ou d'actions, le début du XXe siècle est un moment parfait pour explorer le thème de votre choix.

Cochon Rieur

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 12.11.2018

Tags : JDR, VEDUT

Le Cochon Rieur tient son nom de deux éléments essentiels : l'enclos à cochons attenant aux cuisines, appartenant à l'établissement ; et le rire tonitruant de son patron, qui s'affaire toute la journée aux fourneaux. Il y prépare la soupe de ramen, les bols de riz, les boulettes de viande de porc hachée, et de succulentes brioches de riz fourrées aux légumes et au porc. Sa clientèle, quant à elle, vient principalement pour deux raisons : les uns sont des voyageurs, de futurs héros, des guerriers, des soldats ; et les autres sont les curieux qui veulent entendre leurs histoires. L'aspect social est très important pour les gens du coins, et les groupes exclusifs comme les individus trop silencieux sont vus d'un mauvais œil. C'est qu'il s'agit d'une zone de guerre : soit parce qu'elle a été déclarée, soit parce qu'il faut la préparer en temps de paix. C'est ainsi qu'est la vie dans cette ville frontière, qui voit débarquer ceux qui fuient la guerre comme ceux qui veulent la faire. En plus du patron, un jeune couple d'étrangers, leur visage toujours caché, fait le service à table mais restent discret le reste du temps - et tout le monde s'accorde à dire que c'est très bien ainsi, les récits des héros sont bien plus intéressants que les secrets des miséreux. En cette époque trouble, les aventuriers et les mercenaires, les héros et les sorciers, les conteurs et les messagers, sont autant de personnages qui peuvent se retrouver ici le temps d'un repas et d'une histoire.

Quelles sont les histoires des gens de passage ? Quels sont les héros venus s'asseoir à ces tables ? Qui sont les moines, les voyageurs, les médecins, les soldats, les mercenaires, qui passent ici, pour quelques heures ou quelques jours ? Qui part et qui revient ? Qui sont tous ces gens qui se mélangent au même endroit ? Et qu'est-ce qui peut bien faire tant rire le patron ?

Chers MJs, les villes frontières et les zones de guerres sont toujours l'occasion de faire les plus étranges rencontres, les plus incroyables, les plus improbables. C'est aussi l'occasion de se faire de puissants alliés, comme de mortels ennemis - le tout au-dessus d'un simple bol de riz.

Cochon Rieur

Image : Cochon Rieur - Florian Strzelecki - CC-By-SA

The Abbey Tea Rooms

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 05.11.2018

Tags : JDR, VEDUT

Lydia "Lily" Chadwick, née le 11 août 1972, mesure 1 m 60 et pèse 63,3 kg, habite au-dessus d'un salon de coiffure sur Abbey street, dans un immeuble qui lui appartient ; selon les dires, un héritage de son arrière-grande-tante ; et est considérée par tous comme une habitante légitime de cette petite ville du nord de l'Angleterre. Tous les jours, de 15h à 16h30, elle se rend au The Abbey Tea Rooms, le salon de thé entre la boucherie et le drug store, juste en face de la quincaillerie et à deux pas de son immeuble. Là, elle y accepte ses rendez-vous. Chaque entretien dure environ 45 min, aussi n'accepte-t-elle que deux clients maximums, bien qu'en général elle se contente d'un seul pour peu que la conversation soit agréable. C'est que son travail très particulier demande du temps et toutes ses ressources mentales, car Lily n'est autre que la voyante assermentée du village, et son office est des plus importants, traité avec respect et grand sérieux par les gens du coin. En guise de paiement, elle demande une tasse de thé et une pâtisserie (muffin, cupcakes, carrot cake, pudding, bref tout ce qui est produit par le salon de thé), ainsi que des nouvelles du monde. La patronne des lieux et ses deux employées sont habituées à sa présence, et ne semblent pas gênés qu'elle ait fait de la table 32 son bureau officiel, tous les jours de 15h à 16h30. Il leur arrive même de faire une réduction sur le thé, qui permet de faire des prédictions plus ou moins précises en fonction de sa qualité, répondant aux attentes de sa clientèle. Celle-ci, bien que peu nombreuse, est composée des gens du village, qui ont pris l'habitude de la consulter sur tous les domaines de la vie publique et quotidienne - comme par exemple à quelle période faut-il réparer la chaussée, quelle est la meilleure date pour ouvrir le nouveau jardin public, ou encore quel est le meilleur emplacement pour la statue du maire. Oh, bien entendu, certains ne l'apprécient pas - généralement après une funeste prédiction, ou simplement une prédiction qui n'allait pas dans leur sens - et ceux là aimeraient bien que la guilde ouvre un peu plus le territoire à la concurrence. Quoi qu'il en soit, c'est entre ces murs à l'ambiance feutrée et à la décoration design "Régence style", une tasse en porcelaine dans une main, un biscuit dans l'autre, qu'officie la voyante assermentée du village, au The Abbey Tea Rooms, sur Abbey street, dans le centre-ville d'une petite ville du nord de l'Angleterre.

C'est bien du travail d'être voyante, et il y aurait sans doute de la place pour plus d'une dans la ville ? Ou peut-être pas, et peut-être n'est-ce là que les espoirs des moins fortunés ? Qui sait si la voyante est bien celle qui prédit, ou bien celle qui décide du futur ? Qui pourrait bien lui en vouloir d'être un messager... à moins qu'elle soit en réalité l'autrice ? Que dirait la guilde si elle apprenait une manipulation du destin ? Et combien de temps Lily restera la seule à officier dans cette ville ? Qui prendra la relève, ou qui tentera de lui prendre sa place ?

Les tavernes ne sont parfois que de simple décors pour un personnage, mais parfois ce dernier est si intrinsèquement lié à son environnement que le décors est une extension du personnage. Son univers devient alors celui du lieu, et l'ambiance du lieu devient le reflet du personnage, les deux se mêlant pour apporter de la cohérence et du relief à l'environnement. Cher MJ, il ne tient qu'à vous de construire ce genre de liens, et de jouer ou faire jouer avec !

Abbey street & Castle Gate

Image : Abbey street & Castle Gate - Florian Strzelecki - CC-By-SA

Gob'n'Grease

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 29.10.2018

Tags : JDR, VEDUT

Lorsqu'ils ne sont pas trop occupés à se chamailler, à tuer, à se battre, ou à se plaindre de leurs chefs, les gobelins font comme tout le monde : ils descendent boire un coup. Et se chamailler, tuer, se battre, se plaindre de leur chef - mais à la taverne. Des activités saines. Pour cela, ils descendent par un trou, généralement naturel, par une longue échelle de cordes (G), atterrissant au centre d'une vaste pièce ronde qui aura été creusée avec différents couloirs sur chaque côté : la réserve générale dans l'un (A), le stockage des boissons alcoolisées dans un autre (B), généralement un point d'eau (C), et des fourneaux (D) dans d'autres couloirs, puis un espace réservée aux gobelins les plus respectés (ou craints, en général il n'y a pas de différence) c'est à dire les chefs (E), et il faudra bien compter un ou deux chemins sinueux vers un système quelconque de déchetterie (un trou sans fond, c'est parfait, surtout s'il était déjà là avant) (F). Le tout étant parfaitement bien organisé comme le savent faire si bien les gobelins : celui qui a le chapeau blanc avec un grand hachoir, c'est le cuisinier ; celui qui gueule le plus fort et qui a les clés des réserves, c'est le sommelier ; celui qui ressemble vaguement à un tas de crottes, c'est l'éboueur ; celui qui mange à table avec 1 à 3 couverts, c'est un chef, ça c'est sûr ; et ainsi de suite. Les troupes régulières du coin savent comment ça fonctionne, ne cherchent pas à prendre la place des chefs - ici c'est sacré, on se repose et se bagarre au calme - et font parfois semblant de savoir utiliser une fourchette et une table - enfin, autrement que pour jouer aux cartes, aux osselets, ou aux dés. Les prix ne sont pas fixes, c'est à la tête du client, et comme de toute façon il n'y a pas de système monétaire, on s'arrange comme on peut : au final c'est le chef qui ramène le butin stockée ici, donc ses soldats peuvent bien faire ce qu'ils en veulent. Enfin surtout s'ils sont sympas avec celui qui a les clés.

Alors déjà, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce sont des gobelins. Qui a envie de jouer un gobelin ? Qui a envie de jouer un gobelin dans une taverne ? Qui a envie de jouer un gobelin dans une taverne entouré de gobelins ? Et si un elfe pointait son nez puant ici ? Ou pire ! Si un orc faisait la même chose ? (mais leur dites pas qu'ils ont le nez puant ils n'aiment pas ça). Non vraiment, pas de questions.

Cher MJ, il en faut pour tous les goûts, alors si pour Halloween vous vous essayez à l'autre côté des choses ? Joyeux Halloween !

Gob'n'grease

Image : Gob'n'grease - Florian Strzelecki - CC-By-SA

Simple Ramen

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 15.10.2018

Tags : JDR, VEDUT

Un touriste pourrait trouver dans ce petit restaurant de rue une forme d'expérience des mets locaux des plus authentiques, mais pour cela il faudrait que des touristes s'égarent dans le quartier, ce qui n'arrive étrangement jamais. De loin, on pourrait prendre l'établissement pour un simple couloir, une sorte de ruelle couverte entre deux avenues passantes de cette zone à mi-chemin entre des immeubles de bureaux, des logements sociaux, et des usines. Pourtant, c'est un charmant petit restaurant - certes avec peu de places - qui sert probablement les meilleurs udon, soba, et ramen du district. La clientèle est nombreuse, tout le monde mange au bar assis sur un tabouret. Si la plupart viennent seuls, il existe deux types de duo : les travailleurs, qui viennent par deux, soit entre collègues de même niveau, soit un chef et son subalterne ; et le second type est généralement bien habillé, les cheveux gominés, un costume sombre avec de fines rayures claires, des chemises élégantes et probablement assez d'armes sur soi pour se défendre contre toute une armée. Pourtant, tout est toujours très calme - si l'on met de côté l'agitation frénétique des deux cuistots en cuisine, qui préparent tout sous l’œil des clients.

Le bar à ramen semble ouvert toute la journée, et presque toute la nuit... comment font les cuisiniers pour tenir si longtemps ? Les habitués viennent seul, par deux, voire un peu plus, mais un certain type ne vient jamais que par deux - ceux qui ressemblent à des yakuza d'ailleurs - pourquoi donc ? Que peut-on bien faire à 3h du matin après la fermeture, lorsque la police a cessé de faire ses rondes de nuit dans le quartier devenu silencieux ? Quelle est l'ingrédient secret de la sauce soja servie avec les plats ?

Les clients mangent, payent, et repartent, comme s'ils ne faisaient que passer : la forme et la fonction sont celle d'un couloir où l'on s'arrêterait 15 min pour se remplir l'estomac et rien de plus. Pourtant il y a forcément plus à faire ici que ne le laisse penser une première analyse. C'est parfois dans les endroits les plus simples que l'on trouve les idées les plus intéressantes. Cher MJ, trouvez l'inspiration dans la simplicité du décors, dans les échanges rapides, dans l'instant présent.

Simple Ramen

Image : Simple Ramen - Florian Strzelecki - CC-By-SA

Taverne PMU

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 08.10.2018

Tags : JDR, VEDUT

Au croisement de la rue des petites lanternes et la grande rue qui descend vers les docks, se trouve une petite taverne qui, selon les dires des uns, serait là depuis la création de la ville, et selon les dires des autres, depuis bien avant ça. Quoi qu'il en soit, la clientèle est composée quasi exclusivement d'habitués de longue date et de leurs apprentis, compagnons, commis, et autres petites mains des industries locales (au choix : verrerie, tannerie, et herboristerie, le tout servant à fournir l'importante académie d'alchimie, fierté de la ville, et... bref, passons). La bière n'y est pas spécialement fameuse : on a le choix entre la dernière cuvée expérimentale des alchimistes, et celle des moines de la colline la plus proche, d'ordinaire réservée aux bas quartiers. D'ordinaire, parce que cette taverne est une véritable institution, un repère dans la nuit pour tous ses habitués, qui attendent un rapport qualité/prix qui leur correspond. On y boit, on y mange le ragoût qui mijote à toute heure du jour et de la nuit, et pour les plus riches on termine sa nuit plus loin dans la rue de la petite vertu, et les moins fous se contenteront de dormir dans la salle commune sur des paillasses sorties pour l'occasion. C'est qu'on aime bien partager : sa table, son verre, son opinion sur la politique locale et la taxation en vigueur, et bien sûr, ses prédictions pour les prochains matchs de la ligue du jeu de balles du coin. Tout cela donne des soirées bien animées, sauf lorsque Lucien, l'alchimiste à la retraite qui fait aujourd'hui parti des meubles, se met à avoir une crise magique : la dernière fois, le sol a été littéralement recouvert de gélatine avec des paillettes de plomb, provoquant un mélange de panique et de fou-rire général. On l'aime bien, Lucien, même s'il est un peu sénile, et qu'il marmonne toujours dans sa barbe en bataille, ses poches sous les yeux, et son gros nez rouge. C'est lui, le vrai pilier du bar. Allez, un galopin pour la route s'vous plaît !

Jusqu'à présent, les crises magiques de Lucien n'ont jamais posé trop de soucis : c'est l'occasion pour les employés d'avoir une journée de repos, Lucien s'arrangeant pour toujours tout nettoyer seul - bien qu'on se demande comment ? Mais rien ne dit que la prochaine crise sera du même niveau ! Qui peut prédire ce qui arriverait s'il mettait le feu ? Faisait pleuvoir de l'or ? Ou bien transformait la clientèle en grenouille ou sac à main ?

Vous l'aurez compris, cette taverne en milieu urbain, idéale pour un environnement peuplé de sorciers, de magiciens, d'alchimistes, et sans doute de prêtres, de paladins, d'elfes et de nains, est aussi l'occasion de jouer avec les clichés du bar PMU, avec sa population locale, sa mauvaise réputation, ses problématiques sociales, avec un soupçon de loufoque, de magie détraquée, et d'imprévus. Sinon, où serait le fun ?

Le routier des étoiles

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 01.10.2018

Tags : JDR, VEDUT

Il y a une constante dans l'histoire de l'humanité : plus la route est longue, plus il y a d'étapes, et plus il y a d'étapes, plus il y a d'occasions de faire du business. C'est ainsi que se sont construits les auberges, les relais, les hôtels, et, dans une galaxie lointaine, les routiers de l'espace. Celui-ci est coincé à mi-parcours entre un axe de la voie centrale et une branche reculée du circuit intergalactique de la région, et accueille donc aussi bien ceux qui transportent des marchandises des quatre coins de l'univers, que ceux qui espèrent désespérément sortir de ce coin-ci. Il faut dire qu'à part un système solaire aride n'exprimant pas réellement la joie de vivre (bien qu'économiquement très intéressant pour plusieurs compagnies minières), il n'y a rien de bien intéressant pour les locaux. Alors c'est ici qu'ils se retrouvent, après avoir déboursé de coquettes sommes, à la première étape de leur parcours, et aux premiers doutes. Si la majorité continue coûte que coûte, il y en a toujours quelques uns pour douter, et rebrousser chemin. Et puis il y a ceux qui n'avaient pas assez bien planifié leurs ressources, et qui se retrouvent sans rien, à errer dans les couloirs inhospitaliers de la station. De l'extérieur, cette dernière est comme un amoncellement de containers de mega-cargo soudés les uns aux autres au mépris de la gravité. De l'intérieur, c'est un labyrinthe de couloirs gris et sombre, quelques boutiques exotiques, et bien entendu le relais routier en lui-même. Il dispose de sa petite cantine façon Flunch de l'espace, son petit espace repos avec des couchettes individuelles dans des cercueils empilés sur plusieurs mètres, et son bar, proposant un imposant assortiment de boissons venant d'autres systèmes, d'autres planètes, et parfois même, d'autres espèces (sur la route, on n'est pas trop xénophobe). Les baroudeurs de l'espace, les routiers de la galaxie, les conducteurs mariés à leurs engins pour des années lumières, sont tous reconnaissables à une double insigne : d'un côté le logo de leur employeur respectif, et de l'autre le symbole de la guilde intergalactique des transports universels. Comme la dernière guerre intersidérale fut à cause d'une sombre histoire de taxes sur des échanges, une guilde a été mise en place, et ses règles sont prises très au sérieux. Gare à celui qui voudrait se faire passer pour un routier sans être de la guilde, et gare au routier qui s'avancerait sur la voie de la contrebande - d'argent, de drogue, de biens, ou d'êtres vivants. Oh, et bien entendu, chacun porte une casquette. Pour le style.

Si tous les conducteurs font partis de la même guilde, tous n'ont pas les mêmes opinions sur ce qui est parfaitement légal et ce qui ne l'est pas complètement mais quand même ça va on va pas se gêner on est entre nous. On pourrait croire qu'il s'agit du milieu le plus apolitique possible, et on pourrait bien se tromper, et être surpris par la complexité des échanges et des règles qui dirigent la vie de millions de travailleurs de la route. Qui aurait envie de s'y intéresser, franchement, je vous le demande ?

Cette fois, cher MJ, c'est moins la taverne qui nous intéresse, que sa population. C'est moins le chamboulement des règles, que la conversation autour des règles. Un lieu de passage, mais aussi de rencontre. Et cette fois-ci, ce n'est pas l'espace qui manquera !

La fange organisée

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 24.09.2018

Tags : JDR, VEDUT

Lorsque l’on pousse la porte de cette véritable institution locale, il faut s’attendre à devoir esquiver 1 à 3 projectiles quelconques, dépasser entre 3 et 6 ivrognes étendus à même le sol, sauter par-dessus 1 ou 2 flaques d’un liquide inconnu (à déterminer à chance égale entre de l’alcool, de la pisse, du vomi, du sang, voire un mélange de tout ça), et le tout sans jamais provoquer qui que ce soit, du regard, d’un geste, ou d’une parole de travers. Chaque soir on compte les points et les paris montent : qui fracassera le plus de têtes ? Qui sera vainqueur des bagarres impromptues, organisées par la guilde des voleurs - qui empoche au passage une partie des gains des parieurs. Chaque soir des litres d’alcools et de divers fluides corporels sont déversés sur le sol, et diligemment nettoyés par la guilde des mendiants - qui se paye ensuite avec les poches des comateux éthyliques expulsés au petit matin. Chaque soir le maître des jeux de la guilde des mages utilise son sort de détection, et vérifie que personne ne triche au bonneteau, au poker, ou aux dés ; en fonction de ce qui est à la mode et de qui a le droit de tricher - et applique la taxe de la guilde pour le service. Bien sûr, Odilon, le chef de la milice locale, pourrait faire quelque chose – son épouse Joséphine étant à la tête de l’Église de la Vertu, il en aurait toutes les raisons – mais jamais il n’oserait engager d’action contre la meilleure source de recrutement d’engagés volontaires (on raconte que l’alcool signe les contrats tout seul). Après tout, nous dira un membre anonyme des autorités locales : il est toujours plus facile de contrôler la vermine lorsqu’elle se concentre en un seul endroit. Fermer les lieux servirait seulement à en mettre partout, et mettrait en danger l’équilibre instable qui s’est installé petit à petit entre les puissants d’en haut et la fange d’en bas.

Qui pourrait pousser cette porte et être accueilli par un silence de mort ? Qui voudrait remettre en question le statu-quo ? Qui arriverait à mettre en place une prohibition quelconque ? Qui organiserait la destitution du réseau complexe des profiteurs ? Qui aurait intérêt à ce que tout se passe comme avant, et qui à ce que tout change ? L'Église est la seule qui n'a pas l'air de s'y retrouver, mais est-ce vraiment le cas ? Et qui irait engager des aventuriers - qui coûtent cher ! - pour le vérifier ?

Les systèmes corrompus sont idéaux pour instaurer un climat de méfiance, pour faire passer un meurtre pour un accident, et pour favoriser les opportunistes et les stratèges des relations sociales. Bien sûr, savoir jouer des coudes et du poing sera toujours un avantage indéniable une fois sur place. Cher MJ, il n’y a rien qu’une bonne petite baston ne puisse résoudre, n’est-ce pas ?

American Retro Diner

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 17.09.2018

Tags : JDR, VEDUT

Les murs de tôle d'acier inoxydable donnent l'impression d'une immense caravane posée à même le sol, avec des hublots horizontaux et des stores d'un vert pâle, laissant entrevoir une déco aux tons pastels. Du blanc sur les murs et le sol, du rose et du vert pastel sur les meubles, les tables, les chaises, et les menus. Ici, on ne vient pas en famille pour déjeuner, mais à deux ou trois pour un petit-déjeuner copieux à n'importe quelle heure, un café serré au milieu de la nuit, ou bien seul, au bar, pour une variante du burger avec plus ou moins d'étages de cheddar fondu. Marcy est la serveuse et chef de service de nuit, et elle connaît par cœur les préférences de ses habitués : celui-là est un vigile qui surveille des entrepôts la nuit en patrouillant seul avec une chienne appelée Fancy ; celui-ci est un agent spécial d'une agence gouvernementale quelconque, les cheveux gris, l'air sec comme un ancien marines mais l’œil vif comme un lynx ; et un autre a sa table habituelle, demandant toujours la même chose : une théière d'eau chaude, sans thé, et une part de cheesecake au citron. Ce dernier client est sans doute le plus étrange, avec ses manières, ses livres, et son habitude d'apporter son propre thé. Il n'y a pas de grandes discussions entre ces murs, il n'y a pas de héros, personne pour embêter personne. On vient, on prend sa commande, on consomme sur place en silence, et tout le monde y trouve son compte. Peut-être qu'il faudrait un coup de peinture ici ou là, peut-être que la carte gagnerait à être retravaillée un peu. Surtout qu'il y a toujours une typo sur le menu, depuis plus de 15 ans maintenant. Mais on ne change pas les institutions, n'est-ce pas ?

Que se passe-t-il lorsqu'un événement dérange les habitudes millimétrées des clients fidèles ? Qu'est-ce qui pourrait bien amener ces hommes à parler, à s'ouvrir, et à déballer leurs sombres histoires ? Ne sont-ils jamais malade ? Viennent-ils toujours à la même heure ? Marcy connaît tous ses clients par cœur, mais que connaît-elle vraiment d'eux ? Qui imaginerait l'un d'eux comme un criminel ? Un indic ? Ou même une double vie ? Les habitués de la nuit, que font-ils exactement de jour ?

Avec ses murs en tôle d'acier ondulée et ses habitués silencieux, c'est là un classique des séries policières américaines. C'est justement là tout l'intérêt : pouvoir jouer avec les clichés de la "taverne" dans un décors familier de notre culture du petit écran (ou, aujourd'hui, de Netflix). Aux MJs de savoir de quelles séries ils veulent s'inspirer pour le rendre vivant !

American Retro Diner Post-It

Image : American Retro Diner Post-It - Florian Strzelecki - CC-By-SA

Anneau cosmique

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 10.09.2018

Tags : JDR, VEDUT

Le Cylindre O'Neill, concept des années 70 du XXe siècle, était de la pure science-fiction, jusqu'à ce que la science et l'extravagance d'un riche personnage ne mettent au point selon ces principes directeurs une station spatiale propre à ce lointain futur. Plus intéressé par le profit que par la science, son propriétaire l'aménagea comme un mélange de casino, d'hôtel de luxe, et de retraite spatiale pour les plus riches privilégiés de son époque : divertissement, relaxation, luxe et jeux d'argents et surtout anonymat garanti, et le vide spatial de l'autre côté des vitres, voici les piliers fondateurs des lieux - et tout son attrait diront certains. Son lieu emblématique n'est autre que son restaurant central, construit comme une ruche d'abeille, des alcôves privés assemblées les unes au-dessus des autres, parfaitement insonorisées et avec les meilleurs systèmes de protections contre l'espionnage moderne. Il est possible de les louer à l'heure, à la journée, voire sur des durées qui dépassent l'année. Tout y est automatique, tous les services étant assurés par des robots dont la forme dépendent entièrement des envies plus ou moins extravagantes des consommateurs. C'est le lieu de tous les possibles et sans limite, où les envies ne sont limitées que par l'argent. Une magnifique bulle de décadence et de liberté en plein milieu du cosmos.

Pas de limites et pas de témoins peuvent-ils transformer un rêve en cauchemar ? Qui peut dire si les envies ne sont pas des vices mortels ? Qui s'inquiète de connaître l'identité du propriétaire des lieux ? Tout est automatisé et robotisé, mais est-ce vraiment le cas de la maintenance ? Qui vous protègera lorsque l'argent viendra à manquer ? Qui peut vraiment croire à ce rêve doré ?

La science fiction nous fait souvent réfléchir à la condition humaine, mais nous donne aussi des lieux grandioses à explorer. Il ne tient qu'au MJ de savoir manipuler les attentes des uns et des autres pour allier les puissantes ficelles du genre. Le futur sera-t-il utopique ou dystopique ?

Chargée d'histoires

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 03.09.2018

Tags : JDR, VEDUT

Il est dit que si les bâtiments pouvaient parler, ils nous raconteraient leurs histoires ainsi que les vies trépidantes de leurs occupants. Des histoires, cette auberge au milieu d'une route de campagne, à la frontière de plusieurs pays, en a certainement connues beaucoup : l'invasion Orc au début du millénaire, l'alliance des elfes et des hommes, la migration des gnomes, la retraite des nains ainsi que leur retour, les bras chargés d'étranges artefacts runiques, et bien d'autres histoires de guerres, de paix, de migrations, de progrès social, économique, technologique... Mais ce qui a sans doute le plus marqué le caractère des lieux - au sens littéral du terme - est d'avoir été la demeure d'une grande magicienne plusieurs fois centenaires, il y a de cela plusieurs siècles maintenant. Depuis le décès (ou la disparition) de sa dernière propriétaire, les lieux ont acquis une conscience (magique ?), et ses "locataires" sont plus ou moins ses invités. Ces derniers sont désormais les patrons et employés qui accueillent une clientèle de tout âge et de toute condition, et ils n'ont pas le choix : c'est le bâtiment lui-même qui décide qui a le droit de rentrer, et qui peut loger ici pour une nuit ou deux. Tous les dix ans, un gnome (ou une ?) se présente à la porte avec un contrat à signer par l'aubergiste, lui autorisant à profiter de tous les bénéfices de l'affaire en échange de l'entretien des lieux. Tout en bas du contrat est apposée le nom et la signature de la magicienne - mais plus personne ne sait ce qu'elle est devenue.

À quel point l'auberge est-elle vivante ? Peut-elle parler ? Ou se contente-t-elle de donner des visions, des rêves, ou des cauchemars à ses occupants ? Peut-elle soigner ? Peut-elle rendre fou ? Et puis, comment fait-elle pour savoir qui a le droit de rentrer ou pas ? Sur quels critères autorisera-t-elle l'un et pas l'autre ? Et est-ce aux joueurs de le découvrir ? Et depuis quand les morts et les disparus peuvent signer des contrats tous les dix ans ?

Prendre au sens littéral l'expression "auberge de caractère" est l'occasion de donner un peu plus de relief à un lieu qui semble si commun dans un contexte où les elfes, les nains, les orcs et les magiciens sont des réalités. C'est l'occasion de faire la rencontre avec un lieu déroutant et qui, pour une fois, ne voudra peut-être pas tuer ses habitants. Cher MJs, soyez créatifs, c'est l'occasion de jouer avec le décors !

Le vieux bâtiment des postes

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 27.08.2018

Tags : JDR, VEDUT

La jeunesse dorée de la ville se réunit désormais au Postal Bits, un entrepôt désaffecté du service postal et reconverti en boîte de nuit branchée pour amateurs de musique électronique et 8 bits à base de carte son de NES et de Game Boy. Le haut plafond permet d'accrocher les lumières synchronisées et l'ancien bureau du superviseur principal a été transformé en booth pour DJ. Ici on déterre le vieux matériel de la poussière et on monnaye la nostalgie des années 80-90 à grand renfort de pixels arts et de communication moderne bien léchée. Histoire de ne pas faire trop lisse, on aura gardé certaines des vieilles machines de tri, en veillant à retirer ou condamner toute partie présentant un quelconque risque. Le bar se fait sur un tapis de distribution qui tourne à vitesse ultra réduite, et les barmans sont habillés en postiers, entourés par des hipsters barbus et tatoués, accompagnés des habituées du combo robe vintage, cheveux noir et rouge à lèvre intense le tout façon année 50. Cinq étoile sur tous les réseaux sociaux mais gare à la note de taxi uberisé en fin de soirée.

Est-ce que vous venez pour l'attrait des secrets d'un lieu ancien ? Ou venez-vous faire votre business entre celui de la nostalgie et celui des tendances des réseaux sociaux ? Mais n'est-ce pas là qu'une nouvelle façade, plus moderne et mieux adaptée à la criminalité du 21e siècle ? Quelles affaires crapuleuses peut-on découvrir, et qui voudra bien jouer au Cluédo si ce soir il y a un meurtre sur le dancefloor ? "Hack the planet" disait le film mais attention à ne pas prendre la mauvaise pilule : la rouge, ou la bleue ?

La gentrification, les hipsters, et la musique électronique : autant de sujets qui peuvent éveiller l'imagination. Les séries policières adorent les lieux du genre, où l'agitation nocturne laisse sa place à la froide et cruelle lumière qu'il faut faire sur les enquêtes - les tavernes ne sont pas les seuls éléments à servir du cliché. Cher MJs, les repères changent à chaque génération, et il ne vous reste qu'à exploiter ces phénomènes à votre avantage pour planter un décors qui vous ressemble !

Hospitalité de façade

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 20.08.2018

Tags : JDR, VEDUT

Les étapes sont nombreuses sur les chemins de pèlerinage, et il n'y a pas toujours de monastère, de chapelle ou d'hospice pour accueillir les voyageurs - et encore faut-il parfois les bons sauf-conduits. Sur le devant de cet établissement une belle affiche gravée et peinte sur bois présente le propriétaire des lieux recevant le pèlerin avec tous les honneurs qui sont dû aux fervents croyants. Sur le derrière des choses, c'est une toute autre histoire : les prix changent à la tête du client - celui-ci a l'air riche il pourra bien payer plus, celui-là a l'air désespéré il n'osera pas dire non, et ce dernier n'osera jamais dormir à la belle étoile ! Et ces lits... la promesse de 20 lits dans une salle commune se transforme en réalité en une douzaine de paillasses posées sans soin dans une salle aux murs décrépits et où règne l'humidité et les miasmes, le tout loin de l'image d'une soirée agréable autour du feu de cheminée. La nourriture est tellement infecte qu'il n'est pas nécessaire d'aborder le sujet - évitons d'avoir la nausée. Non, vraiment, c'est peut-être la seule option, mais elle est peut-être plus terrible encore qu'une nuit dehors.

Comment allez-vous marchander votre nuit ? Est-ce que vous serez vraiment à l’abri de tous les dangers ? Qui surveille vos affaires, et à qui pourrez-vous faire confiance ? Et le lendemain, si jamais vous prenait l'envie de négocier le prix, pourrez-vous faire fasse à l'aubergiste et ses gros bras ? Ce ne serait pas la première fois qu'un pèlerin viendrait à disparaître pendant son voyage, et si ce n'est pas vous, peut-être vos oreilles entendront le plan ourdit par les sbires du cruel propriétaire des lieux voulant détrousser, au hasard : un jeune couple venu se réfugier là pour la nuit ; un marchand accompagné d'une mule et d'un précieux chargement ; ou encore un voyageur naïf à la richesse trop voyante.

Les voyages ne sont jamais parfaitement sûr, ils comportent des risques, et il n'y a pas de raison que l'avarice des hommes ne s'emploie pas à le démontrer à la moindre étape du parcours. Cher MJs, voilà une bonne occasion de pimenter la route !

Sur la place de l'église

Par Florian Strzelecki - 09:00 - 13.08.2018

Tags : JDR, VEDUT

Chaque dimanche après la messe il est désormais coutume dans ce petit village que l'herboriste fasse taverne sur la place en face de l'église. Il sort de sa boutique deux vieux tonneaux vides et dépose une simple planche de bois, tandis que les villageois s'occupent d'apporter chaises et bancs sur lesquels s'assoir pour partager un moment communautaire. Il vend sur son étal temporaire des productions locales - toutes autorisées par le prêtre de la paroisse qui prélèvent son dû - ainsi qu'un alcool qu'il est le seul à distiller à partir de céréales de la région. C'est une habitude bien ancrée chez les habitants, qui viennent après la messe moins pour se désaltérer que pour partager les dernières rumeurs. C'est un moment important de la vie sociale voire politique des gens du coin, et tant que l'église n'est pas menacé et l'ordre maintenu, ni la morale ni les autorités n'ont rien à y redire. Jusqu'à présent.

Qu'allez-vous apprendre comme rumeur ? Est-ce que les villageois s'ouvriront vraiment à un étranger lors de cet événement qui leur est d'habitude réservé ? Comment les autorités vont-elles réagir s'il y a du grabuge ? Et de quel côté serez vous à ce moment là ? Auriez-vous renversé le verre de quelqu'un ? Ou bien fait les yeux doux à la mauvaise personne ? N'est-ce pas le meilleur moment pour tâter la température ? Et si un jour l'herboriste ne vient pas à la messe, et n'ouvre pas sa porte à l'heure prévue ? Qui peut dire l'effet d'un empoisonnement en plein jour sur la place publique, un verre à la main ?

Il existe bien des possibilités de jouer autour de cette taverne. Un village, une petite communauté, ses habitudes, et un élément perturbateur qui pourrait bien tout chambouler. Cher MJs, je pense que vous trouverez des idées !

La place de l'Église

Image : La place de l'Église - Florian Strzelecki - CC-By-SA