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Le routier des étoiles

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Tags : JDR, VEDUT

Il y a une constante dans l'histoire de l'humanité : plus la route est longue, plus il y a d'étapes, et plus il y a d'étapes, plus il y a d'occasions de faire du business. C'est ainsi que se sont construits les auberges, les relais, les hôtels, et, dans une galaxie lointaine, les routiers de l'espace. Celui-ci est coincé à mi-parcours entre un axe de la voie centrale et une branche reculée du circuit intergalactique de la région, et accueille donc aussi bien ceux qui transportent des marchandises des quatre coins de l'univers, que ceux qui espèrent désespérément sortir de ce coin-ci. Il faut dire qu'à part un système solaire aride n'exprimant pas réellement la joie de vivre (bien qu'économiquement très intéressant pour plusieurs compagnies minières), il n'y a rien de bien intéressant pour les locaux. Alors c'est ici qu'ils se retrouvent, après avoir déboursé de coquettes sommes, à la première étape de leur parcours, et aux premiers doutes. Si la majorité continue coûte que coûte, il y en a toujours quelques uns pour douter, et rebrousser chemin. Et puis il y a ceux qui n'avaient pas assez bien planifié leurs ressources, et qui se retrouvent sans rien, à errer dans les couloirs inhospitaliers de la station. De l'extérieur, cette dernière est comme un amoncellement de containers de mega-cargo soudés les uns aux autres au mépris de la gravité. De l'intérieur, c'est un labyrinthe de couloirs gris et sombre, quelques boutiques exotiques, et bien entendu le relais routier en lui-même. Il dispose de sa petite cantine façon Flunch de l'espace, son petit espace repos avec des couchettes individuelles dans des cercueils empilés sur plusieurs mètres, et son bar, proposant un imposant assortiment de boissons venant d'autres systèmes, d'autres planètes, et parfois même, d'autres espèces (sur la route, on n'est pas trop xénophobe). Les baroudeurs de l'espace, les routiers de la galaxie, les conducteurs mariés à leurs engins pour des années lumières, sont tous reconnaissables à une double insigne : d'un côté le logo de leur employeur respectif, et de l'autre le symbole de la guilde intergalactique des transports universels. Comme la dernière guerre intersidérale fut à cause d'une sombre histoire de taxes sur des échanges, une guilde a été mise en place, et ses règles sont prises très au sérieux. Gare à celui qui voudrait se faire passer pour un routier sans être de la guilde, et gare au routier qui s'avancerait sur la voie de la contrebande - d'argent, de drogue, de biens, ou d'êtres vivants. Oh, et bien entendu, chacun porte une casquette. Pour le style.

Si tous les conducteurs font partis de la même guilde, tous n'ont pas les mêmes opinions sur ce qui est parfaitement légal et ce qui ne l'est pas complètement mais quand même ça va on va pas se gêner on est entre nous. On pourrait croire qu'il s'agit du milieu le plus apolitique possible, et on pourrait bien se tromper, et être surpris par la complexité des échanges et des règles qui dirigent la vie de millions de travailleurs de la route. Qui aurait envie de s'y intéresser, franchement, je vous le demande ?

Cette fois, cher MJ, c'est moins la taverne qui nous intéresse, que sa population. C'est moins le chamboulement des règles, que la conversation autour des règles. Un lieu de passage, mais aussi de rencontre. Et cette fois-ci, ce n'est pas l'espace qui manquera !